Je voudrai pleurer mais je ne peux
Je voudrai crier mais je suis bâillonnée. Ceinturée des pieds au plafond, je me débats à travers les ossements de mes ancêtres, animaux comme humains, des cadavres pêle-mêle, la face contre terre.
Le charnier n'a pas d'âge ; lui aussi est là depuis des temps immémoriaux. Comme eux, comme moi, dans cette partie en tout cas.
On s'est tués. On s'est tués les uns les autres. Des myriades d'étoiles sont sorties de nos corps embaumés. Et désinvoltes de notre chaire, nous avons vogué - tous - vers l'intérieur des terres, de nos terres, esclaves en toutes choses aux premiers "hommes" qui ont peuplé cette Terre.
amen adieu au-revoir
et j'ai crié crié pour que nul ne m'écoute et j'ai pleuré jusqu'au dernier torrent, puis je me suis tu dans la satiété de la misère, de la nuit incompressible, je me suis tu mêlant chardons aux roses de la Terre.
J'ai gémi tout mon Soul à l'orée d'un moi dissident
et nouveau.
